Pays Flamand accélère, Heineken coupe, BrewDog s’effondre

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Photo de BENCE BOROS sur Unsplash

📈 Brasserie du Pays Flamand s’agrandit

À contre-courant d’un marché de la bière en recul, la Brasserie du Pays Flamand (et sa fameuse bière Anosteké) affiche une croissance de 25% en volume en 2025, avec 60 000 hL brassés.

L’objectif pour 2026 : 70 000 hL, et surtout préparer un changement d’échelle.

Un an après son partenariat stratégique avec la brasseries Kronenbourg (qui appartient au géant Calsberg), la brasserie annonce un investissement de 25 millions d’euros sur son site de Merville.

Au programme : une extension de 6 000 m², avec des travaux prévus dès 2026. À terme, la capacité pourrait atteindre 150 000 à 200 000 hL, soit près de quatre fois la production actuelle. Une enveloppe supplémentaire de 5 M€ n’est pas exclue si nécessaire.

Source : https://www.processalimentaire.com/vie-des-iaa/la-brasserie-du-pays-flamand-prevoit-un-investissement-de-25-meu

📉 Heineken supprime jusqu’à 6000 emplois

Deuxième groupe brassicole mondial derrière AB InBev, Heineken a annoncé la suppression prochaine de 5 000 à 6 000 emplois, majoritairement en Europe.

Le groupe, qui emploie 87 000 personnes, a vu ses volumes reculer de 2,4 % en 2025, avec des baisses marquées en Europe (-4,1 %) et en Amérique (-3,5 %). Inflation, baisse de la consommation d’alcool, le marché de la bière souffre, et même les géants vacillent.

Après avoir déjà supprimé presque 500 postes à Amsterdam et lancé un plan d’économies de 2 milliards d’euros, Heineken prévoit pourtant une hausse de son bénéfice opérationnel comprise entre 2 et 6 % en 2026.

Difficile alors de ne pas s’interroger : ces milliers de suppressions de postes relèvent-elles d’une nécessité économique ou d’un arbitrage classique en faveur de la rentabilité ? Les grands groupes ne sont pas conçus pour créer de l’emploi ou proposer des produits de qualité, mais pour générer du profit après tout.

Rappelons enfin qu’Heineken ne se limite pas à la marque éponyme : le groupe possède notamment Desperados, Affligem, Pelforth, Gallia, et distribue également Corona en France.

Source : https://www.rtbf.be/article/le-brasseur-heineken-va-supprimer-entre-5000-et-6000-emplois-11677492

🐩 Brewdog est en vente

Les signes de la chute de BrewDog se sont accumulés au fil des années, avec dernièrement la fermeture brutale de ses deux bars français l’an dernier. Et avant cela, presque deux décennies de polémiques et de controverses à répétition.

Malgré un marketing ultra-agressif et un storytelling parfaitement huilé, la brasserie écossaise n’a jamais réellement atteint la rentabilité.

Photo de la façade d’un bar BrewDog fermé.
Photo de Yuichi sur Unsplash

Il reste encore 72 bars en activité, ainsi que plusieurs sites de production. Mais qui peut aujourd’hui mettre 1,2 milliard d’euros sur la table dans un secteur en souffrance ?

Même un grand groupe brassicole y réfléchirait à deux fois : racheter une marque “craft” peut avoir un intérêt stratégique, encore faut-il que l’image suive. Or celle de BrewDog est désastreuse.

Le scénario le plus plausible semble être une vente à la découpe : les outils de production repris par des industriels, les bars absorbés par une chaîne de pubs britannique. À moins qu’un investisseur étranger s’y risque.

Contrairement aux petites brasseries craft fragilisées par la conjoncture, les difficultés de BrewDog relèvent surtout de sa gestion et des scandales accumulés. Quant aux “Punks with Equity”, qui ont financé son expansion, ils pourraient bien tout perdre.

Au-delà du business, c’est une page qui se tourne. Pour beaucoup en Europe, BrewDog a été une porte d’entrée vers la bière craft. Certaines brasseries que vous appréciez aujourd’hui n’auraient peut-être pas vu le jour sans cette première vague.

Faut-il pour autant regretter sa disparition ? La brasserie n’avait de “punk” que le storytelling. Derrière, on était plus proche de l’école de commerce supplément doudoune sans manche.

Doit-on regretter la fin d’une imposture ?